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Changements climatiques – Vérification des faits 1re partie

Changements climatiques – Vérification des faits 1re partie

Klima-Bündnis Lëtzebuerg CitoyenNEs 13 août 2019
Image: ICESCAPE mission, or « Impacts of Climate on Ecosystems and Chemistry of the Arctic Pacific Environment, » NASA’s shipborne investigation to study how changing conditions in the Arctic affect the ocean’s chemistry and ecosystems. July 2011. Credit: NASA/Kathryn Hansen

 

Malheureusement, les discussions sur le changement climatique se heurtent toujours à des affirmations contradictoires et scientifiquement non consolidées, qui – malgré toute polémique – se maintiennent encore largement dans l’opinion publique. Au moyen de la série de faits suivants, nous voulons couper l’herbe sous le pied des critiques. Ensemble, nous pouvons tirer les choses au clair et éliminer progressivement les pierres d’achoppement, pour le bénéfice de la protection du climat. Communiquons les faits de manière ciblée et ne nous laissons pas désorienter par de fausses allégations.

 

Allégation N° 1:

Il n’y a pas (encore) de consensus scientifique quant à l’influence de l‘homme sur le changement climatique.

Cependant, le fait est: 97% des climatologues sont convaincus que les causes du changement climatique sont largement antrophiques. Parmi ceux qui comprennent les fondements scientifiques du climat mondial, le réchauffement climatique et le rôle du comportement humain dans ce contexte ne suscite pratiquement aucune discussion. Le défi devant lequel nous nous trouvons à l’heure actuelle est de savoir communiquer ce fait de manière efficace, et aux politiciens et au grand public.

Il est à noter que les autres 3 pour cent de scientifiques (donc largement minoritaires) sont pour la plupart actifs dans des secteurs secondaires des sciences du climat. Loin de vouloir mener un discours scientifique, leur principal intérêt réside dans la manipulation des médias. Souvent ils ne cherchent qu’à semer la confusion. Et il n’est pas rare de les voir travailler pour des instituts qui sont cofinancés par les industries du charbon, du gaz naturel et du pétrole.

 

Allégation N° 2:

Il n’y a pas de réchauffement climatique.

Cependant, le fait est:  des scientifiques dans le monde entier collectent des données exactes et précises sur le système climatique de la terre, ceci indépendamment les uns des autres. Entretemps, l’envergure des observations est si importante qu’elle permet de donner une image très claire de la situation: l’atmosphère terrestre se réchauffe!  Les résultats de la recherche scientifique suivants ne laissent pratiquement plus aucun doute quant au réchauffement de la terre :

  • L’augmentation des taux de gaz à effet de serre – causée par la combustion de pétrole, de gaz naturel et de charbon – fait que de plus en plus de CO2 est stocké provisoirement dans l’atmosphère terrestre. La conséquence : ce supplément de gaz traceur dans l’atmosphère réduit le rayonnement infrarouge à ondes longues. Ce qui exerce une influence négative sur le bilan énergétique, puisque le rayonnement solaire à ondes courtes pénètre sans aucun problème les gaz traceurs tels que le CO2. La suite logique est le réchauffement climatique.
  • En 2016, la température moyenne de l’air autour de notre globe était de 0,94°C supérieure par rapport à la moyenne du 20e siècle.
  • Depuis le début des recensements climatiques, nous notons que 16 des 17 années les plus chaudes se situent après l’année 2000.
  • Depuis maintenant quatre décennies, il n’y a pas eu une seule année sur Terre qui ait été plus froide que la moyenne du 20e siècle.
  • Pour illustrer ceci, le début du printemps est un bon indicateur. Ainsi nous notons que les pommiers fleurissent généralement déjà deux semaines plus tôt.
  • Dans le monde entier, les océans et les lacs intérieurs suivent également la tendance de réchauffement.
  • Entre autres, le niveau des mers augmente en raison de l’expansion thermique du réchauffement.
  • La forte diminution des glaciers dans le monde entier est un phénomène global. Une croissance des glaciers dans certaines régions – notamment en Norvège ou au pied du Montblanc – provient de l’augmentation des chutes de neige qui sont dues aux changements climatiques, et non du refroidissement de l’atmosphère.
  • La glace de la mer autour du pôle Nord fond à une vitesse inattendue … même par le IPCC.  Il y a deux décennies, personne ne pensait qu’il était possible que la moitié de la mer arctique soit libre de glace en été !
  • L’inlandsis du Groenland perd régulièrement de sa masse. Cela contribue directement à l’élévation du niveau de la mer.
  • De nombreuses espèces animales et végétales réagissent au changement climatique en déplaçant leurs habitats. C’est ainsi que le moustique tigre se propage en Europe depuis plusieurs années, y compris dans les pays voisins du Luxembourg. Ce moustique est principalement craint parce qu’il peut être porteur des virus chikungunya et dengue et peut ainsi transmettre des maladies très dangereuses. Selon le Dr Jean-Claude Schmit, Directeur de la Santé, « il n’y a aucune raison pour que le Luxembourg soit épargné, même si aucun moustique tigre n’ait été découvert au Grand-Duché jusqu’ici ».
  • Au-delà, la hausse des températures pose également des risques directs pour la santé. Les personnes âgées, les jeunes enfants et les malades chroniques sont particulièrement touchés. Le nombre annuel de « journées chaudes », où les températures peuvent dépasser les 30 degrés, a plus que doublé dans nos régions depuis les années 1950. En conséquence, le nombre de décès dus à la chaleur a considérablement augmenté.
  • Les données du LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology) montrent que les fortes pluies dans nos pays ont augmenté, non en intensité mais bien en fréquence, depuis quelques années, avec deux ou trois événements en certaines années. Cette constatation est corroborée par des données internationales recensées aux États-Unis, en Europe et en Australie. Les projections climatiques du LIST pour le Luxembourg démontrent que les précipitations pourraient augmenter légèrement en hiver d’ici la fin du siècle, de 35 litres par mètre carré, alors qu’en été, elles pourraient chuter de non moins de 60 litres par mètre carré.
  • Une représentation très parlante des températures moyennes sous forme de graphique à barres peut également être générée pour le Luxembourg: https://showyourstripes.info/ .

 

Allégation N° 3:

Des changements climatiques se sont régulièrement produits au cours de l’histoire de la Terre. Au Moyen Age, par exemple, il faisait plus chaud qu’aujourd’hui.

Cependant, le fait est : il est vrai qu’on dit souvent que la vague de chaleur médiévale qui s’est produite de 950 à 1250 ap. J.-C. fut aussi chaude, voire même plus chaude, que le climat que nous avons aujourd’hui. Cette période chaude favorisait la colonisation du Groenland par les Vikings, grâce à l’amélioration des conditions de passage dans le couloir Nord-Ouest. De là provient la conclusion implicite que le réchauffement d’aujourd’hui est un phénomène naturel, dépourvu de tout impact anthropique, et donc non problématique. D’un point de vue scientifique, ces raisonnements et cette démarche ciblés et simplistes ne tiennent pas la route.  Il est vrai qu’au cours de la période dite chaude médiévale, des températures exceptionnellement élevées ont été observées dans certaines régions du monde, mais celles-ci étaient limitées sur le plan régional et se produisaient principalement dans l’hémisphère nord. À l’échelle mondiale cependant, il n’a pas été plus chaud qu’il ne l’est aujourd’hui. Des fluctuations climatiques se sont également produites à l’époque préindustrielle. Mais ce n’est que depuis le milieu du 20e siècle que la courbe de température a évolué brusquement. Les influences naturelles à elles seules ne suffisent pas pour expliquer cette tendance à la hausse rapide.

  • Tous les facteurs naturels connus qui affectent le climat agissent sur des périodes beaucoup plus longues (p. ex. : le déplacement des continents sur des millions d’années ou des irrégularités dans l’orbite terrestre en cycles de dizaines de milliers d’années), ou bien ils n’ont pas considérablement changé au cours des dernières décennies.
  • La modélisation climatique ne peut reproduire le réchauffement qu’avec l’influence humaine.
  • Les changements de température observés dans l’atmosphère sont semblables à ceux auxquels on devrait s’attendre avec un effet de serre accru : la couche d’atmosphère la plus basse se réchauffe pendant que les couches supérieures de l’atmosphère se refroidissent. Or, une augmentation du rayonnement solaire provoquerait le réchauffement de toutes les couches atmosphériques. Au cours des dernières décennies, le réchauffement nocturne a été plus fort que le réchauffement qui s’est produit pendant la journée, alors qu’une augmentation du rayonnement solaire devrait logiquement conduire à un réchauffement plus important pendant la journée.

 

Sources:

Changements climatiques – Vérification des faits 2e partie

Changements climatiques – Vérification des faits 2e partie

Klima-Bündnis Lëtzebuerg CitoyenNEs 13 août 2019
Image: Floods in Mindanao, Philippines, March 2012. Even apparently solid structures made from concrete and bricks were simply lifted up from their foundations and carried along by the raging torents, displacing some 400,000 people. Photo Credit: Mathias Eick EU/ECHO

 

Malheureusement, les discussions sur le changement climatique se heurtent toujours à des affirmations contradictoires et scientifiquement non consolidées, qui – malgré toute polémique – se maintiennent encore largement dans l’opinion publique. Au moyen de la série de faits suivants, nous voulons couper l’herbe sous le pied des critiques. Ensemble, nous pouvons tirer les choses au clair et éliminer progressivement les pierres d’achoppement, pour le bénéfice de la protection du climat. Communiquons les faits de manière ciblée et ne nous laissons pas désorienter par de fausses allégations.

 

Allégation N° 4:

Depuis 1998, le réchauffement est au point mort. En raison de la baisse de l’activité solaire, le changement climatique va bientôt s’interrompre.

Cependant, le fait est: il n’y a et il n’y a jamais eu de « pause » dans le réchauffement climatique – la tendance à long terme a seulement été masquée par des fluctuations naturelles. Même après 1998, la terre a continué à se réchauffer. En général, le réchauffement climatique ne se poursuit pas en ligne droite. Les températures de surface varient d’une année à l’autre. Observé à très court terme, l’année 1998 peut sembler être le pic du réchauffement parce qu’elle a été exceptionnellement chaude en raison d’un phénomène dit El Niño (anomalie climatique) à fortes répercussions. Toutefois, afin de pouvoir disposer d’évaluations fiables et pertinentes, il faut considérer des périodes plus longues, et la tendance à long terme continue de pointer clairement vers le haut.

Dans ce contexte, les climato-sceptiques, pour leur part, argumentent toujours et encore en se servant de facteurs naturels, telles que les fluctuations du rayonnement solaire.  Selon eux, l’activité solaire aurait fait une pause après 1998. S’il est vrai que cette diminution de la tendance au réchauffement de la surface est en partie due à la diminution du rayonnement solaire, il est vrai aussi que cette tendance n’est que de courte durée, et elle n’est liée qu’à la température de l’air. Le réchauffement des océans n’est aucunement affecté par des fluctuations aussi courtes. Selon les calculs, une réduction du rayonnement solaire au cours du 21e siècle ne pourrait provoquer qu’une baisse de température comprise entre 0,06 – 0,3 °C. Selon l’IPCC, dans le pire des cas, les émissions de CO2 engendreront toutefois un réchauffement de la température moyenne globale de 4,8°C. D’où: une diminution – même extrême – de l’activité solaire dans les décennies à venir, ne changerait que très, très peu au réchauffement climatique provoqué par l’homme.

 

Allégation N° 5:

La nature libère beaucoup plus de CO2 que l’homme. La partie anthropique est beaucoup trop faible pour avoir un impact sur le climat mondial.

Cependant, le fait est: par la respiration, la fermentation et la décomposition, 550 milliards de tonnes de CO2 sont libérés naturellement dans l’atmosphère chaque année. L’homme ajoute du CO2 à ce système naturel en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz naturel ; en 2018, ce fut un total d’environ 33 milliards de tonnes, selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La différence de quantité est notable, mais ce n’est que par les émissions supplémentaires qu’un déséquilibre est créé et que la balance atmosphérique et donc le climat mondial sont déstabilisés.

 

Allégation N° 6:

Comment prédire le climat si nous n’arrivons même pas à établir des prévisions météorologiques fiables pour les deux semaines à venir ?

Cependant, le fait est : la météo est fonction de périodes de courte durée. La météo est chaotique, ce qui fait que des prévisions sérieuses sur une plus longue période de temps s’avèrent impossibles. Le climat par contre se réfère à de longues périodes d’au moins 30 ans. Il en résulte des valeurs moyennes qui permettent de fournir des indications, en particulier concernant la température.  Les zones climatiques sont définies, par exemple, par les arbres. La présence de l’olivier est assimilée au climat méditerranéen. Au Luxembourg, nous parlons de climat du chêne, respectivement du hêtre. Le changement climatique global induit par les gaz à effet de serre supplémentaires véhicule un message fondamental, à savoir : la sphère climatique de la planète Terre se réchauffe !

Ce phénomène est comparable à une personne qui consulte un médecin. Ce dernier prend la température de son corps. Si le thermomètre affiche une température de 36,5°C, cela veut dire que le corps est en bonne santé.  Notre planète est en équilibre lorsqu’elle a une température de 15°C. Le médecin ne s’intéressé pas à la température au bout du nez ou sur la paume de la main. Même chose pour le climatologue: ce dernier veut principalement savoir si la température autour de la planète est en train de changer – le climat d’une région donnée est moins intéressante. Le climatologue constate et rapporte sur la sphère climatique qui renferme notre planète. Celle-ci est également appelée troposphère et présente une fine épaisseur qui n’est que de 12 km en moyenne.

 

Sources:

http://diepresse.com/home/panorama/klimawandel/4917389/Skandinavien_Das-Nordland-wird-zum-Weinland